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Récit de La Tortue

published on 06-10-2011
 
Aymeric Chappellier a franchi la ligne d’arrivée de Madère dans la nuit de mardi.
Son bateau La Tortue de l’Aquarium La Rochelle et lui ont vécu une étape éprouvante.
A la différence de nombreux coureurs de la transat Charente Maritime Bahia, sa descente le long des côtes du Portugal fut intense.
 
Au passage de la Corogne, La Tortue poursuit sa route vers l’ouest, à la rencontre d’un front nord bienvenu pour sa route vers le sud.
Météo changeante et instable, finalement il n’eut droit qu’à une heure de ce vent au portant.
Et là tout s’est compliqué.
 
Vendredi soir un orage éclate, grosse pluie et vent de plus de 35 nds.
L’eau infiltre une prise électrique et Aymeric perd son aérien (anémomètre, et girouette).
Conséquence : 1h30 de réparation pour installer le système de secours sur le balcon arrière.
 
La Tortue doit filer maintenant, sortir de cette mauvaise passe et récupérer le temps perdu, durant la journée de samedi, elle retouche du vent et espère encore.

Au soir de ce 7ème jour de mer, Aymeric fonce au reaching, lançant son bateau avec puissance à plus de 10 nds… mais peut-être un peu trop ; confiant il s’autorise une phase de sommeil, … et se réveille dans 30 cm d’eau.
C’est la pression dans sa dérive qui a fait sauter une trappe de visite du puits de dérive et a créé une voie d’eau importante.
 
« J’ai été réveillé par la sensation de l’eau, tout flottait autour de moi, je me suis dit, « mrd », je coule ! »
 
Reprenant ses esprits, Aymeric évalue l’urgence : sauver l’électronique qui baigne dans l’eau, le pilote, les batteries sinon plus de chance de finir la course.
1h pour le séchage du bateau et de la boîte électronique, vérification des différents organes.
4h pour la mise en place d’un nouveau calculateur pour le pilote automatique.
 
Reprise en main du bateau et réglage vers le bon cap, au bout de 4 heures, une nouvelle avarie : l’alimentation stabilisée rend l’âme, nouvelle réparation d’une heure.
C’est fini ?
Oui, enfin La Tortue reprend sa route, et son rythme, et le moral du skipper n’a pas flanché :
« Il n’était pas question d’abandonner, j’ai pu gérer chacun des problèmes les uns après les autres, je l’avoue, je me suis un peu félicité d’avoir installé moi-même l’électronique… sans mes connaissances je disais adieu à la course. »

Mais la flotte des 79 autres concurrents n’en a cure, elle a continué, imperturbable, sa route, avec des conditions différentes à l’est et doucement a rétrogradé notre Tortue en 27ème position.
En ce dimanche matin, à la vacation de 11h Aymeric prend connaissance des classements.

« Je me suis dit, pas le droit à l’erreur, je dois foncer et récupérer le temps perdu»
 
Avec un angle et un vent moins favorables, il remonte sur les concurrents, et approche de Madère.
 
Mardi dans la nuit, 12h après le premier prototype, Aymeric coupe la ligne en 19ème position.
Sourire aux lèvres malgré tout, notre skipper s’avoue avant tout désolé :
 
« C’est décevant, je pense surtout à tous ceux qui me soutiennent… mais cette option aurait pu marcher, on gagne aussi en prenant des risques, mais là, la météo était difficile à prévoir, changeante, instable, un vrai casse-tête ! »
 
Emotion des retrouvailles passée, il regarde vers l’avenir :
 
« Les jours prochains, il va falloir que je répare, ma trappe, mon aérien, mon solent qui s’est un peu déchiré… et vérifier tout l’électrique. »
 
« Je n’ai plus droit à l’erreur sur la seconde étape, et croyez-moi je vais tout donner, la tortue gagne à la fin, non ?»
 

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